Bâchage des panneaux illégaux du Canal 27/10/2018

Samedi 27 octobre, 14h, non loin du Pont des Demoiselles…

Il fait froid et le matin laisse tout juste place aux premières heures de l’après-midi. La pluie crainte un temps semble avoir renoncé à troubler nos activités du jour. Au menu, nous avons prévu de passer à la bombe les panneaux au préalable plastiqués. Oui, je vous vois venir à nous traiter illico de terroristes, qu’on ne peut pas tout casser même si on a de bonnes raisons d’être en colère, et caetera… D’une part, la pub elle-même contribue à casser tout ce qui crée du lien social dans notre société, l’idée de collectif (de société), d’altruisme, de générosité… etc. D’autre part, les bombes sont de peinture et le plastique, en rouleau noir.

6 nous étions donc ce samedi, accompagné de 2 journalistes de FR3 venu faire un petit film de nos exploits. Nous partîmes donc à l’attaque de nos moulins à pub, bien décidés à en venir à bout et à les mettre à terre! Ceci n’ont en effet rien à faire le long des berges du Canal du Midi, le bourgmestre de la ville et son conseil en ayant ainsi décidé il y a de cela sept années (Règlement Local de Publicité de Toulouse). Malgré nos maintes réclamations à l’autorité du bourg de Toulouse pour que celui-ci soit appliqué, il n’en fut rien, et l’autorité en question ne sembla ni s’en émouvoir ni s’en occuper.

Depuis, une plainte a été portée auprès du shérif!! Eh oui. Cela a semblé réveiller un peu notre bourgmestre qui déclare par son conseil que les choses rentreront bientôt dans l’ordre et que lui-même et son équipe y veillent. Pffff… Dur d’y porter foi alors qu’ils contestent le nombre de panneaux illégaux concernés par la plainte comptés par nous au nombre de 30 à 5 ou 6.

Nous avons couvert une quinzaine de panneaux (recto-verso) sur 2 heures de froid environ, avec une petite visite de la police locale (municipale) au démarrage, qui s’est contentée d’un contrôle poli avant de repartir. Nos amis de FR3 sont restés le temps de filmer quelques plastiquages/bombages, et d’échanger palabre avec nous. Tout s’est bien passé par la suite, et nous rentrâmes à 6 les mains froides et le coeur réchauffé par tous ces panneaux occultés!

Voilà pour le moment, les journalistes ont continué l’action par quelques articles/reportages pour diffuser notre message plus largement:

Reportage FR3

https://www.ladepeche.fr/article/2018/11/03/2899850-panneaux-publicitaires-illegaux-le-bras-de-fer.html

https://www.ladepeche.fr/article/2018/10/28/2896691-toulouse-operation-coup-poing-rap-panneaux-publicitaires-canal-midi.html

Quelques photos et tchao!

Participation au Village des Alternatives, le 23 septembre 2018 à Ramonville.

 

RAP Toulouse sera présent dimanche toute la journée au Ramon’Village organisé par Alternatiba Toulouse.

Cette 3è édition du village des alternatives se tiendra cette fois-ci à Ramonville dimanche 23 septembre, jour de la Fête des Possibles, peu avant le passage des cyclistes du Tour Alternatiba à Toulouse le jeudi 27 septembre. Plus d’info ici.

On pourra se rencontrer, parler de nos envies, des prochaines actions prévues sur Toulouse et en France, des suites de l’affaire des panneaux illégaux le long du canal de Midi… Un atelier est même prévu dans l’après-midi.

On espère vous y voir nombreux.ses!

44ème action de recouvrement: Samedi 23 juin

Le recouvrement de mai (43ème de ce nom) ayant été empêché par la police nationale, nous voilà de retour en juin pour une action de barbouillage au blanc de Meudon, action déclarée une semaine plus tôt en préfecture pour être sûr de ne pas être interrompu.e.s. Rendez vous donné à 18h place Wilson cette fois ci, histoire de ne pas attirer automatiquement l’attention des policiers circulant place Jean Jaurès. Nous sommes 5.
 
Nous attaquons le barbouillage à 18h30 après avoir préparé notre tambouille, le seau de peinture pèse une tonne !
 
Pas de problème sur le début de l’action, les panneaux sont barbouillés au pinceau ou directement avec les mains (c’est rigolo !), et une feuille A4 avec un petit message/dessin est scotchée sur les vitres. Après quelques panneaux ensemble, nous nous séparons en deux groupes pour plus d’efficacité.
 
Les réactions des personnes rencontrées sont positives, que ce soient des petits signes, un sourire, ou des discussions qui se lancent.
 
Des employés de Tisséo nous interpellent (un groupe puis l’autre), et nous continuons avant d’être à nouveau interpellé.e.s par la police municipale à Compans Caffarelli. Contrôles d’identité en bonne entente jusqu’à ce qu’un de nous refuse de donner son adresse. A partir de là, c’est un numéro théâtral de nos amis policiers qui ne veulent plus nous parler et appellent la police nationale. On essaie les uns et les autres de leur parler, chacun.e avec nos mots, mais sans succès pour un temps. Finalement, peut être à cause de l’ennui, ils finissent par relancer la discussion qui se finit en bonne entente.
 
Entre temps, les agents de Tisséo nous ont donné 4 contraventions de 60€ (une des personnes était partie avant), que nous refusons de signer. Et que nous refuserons de payer, les panneaux étant la propriété de JCDecaux et non de Tisséo.
 
Nous verrons ce que donnera cette histoire, mais elle pose la question de la propriété des panneaux, et de la dualité espace public/espace privé pour le mobilier urbain.
 
Pas de police nationale finalement, l’adresse ayant été donnée au bout d’un moment.
 
L’action s’est passée dans la bonne humeur, on attend la prochaine !

Balade craie-active

42ème action de recouvrement: Samedi 21 avril 2018

Nombre de personnes : 18
Nombre de panneaux recouverts : 76, ce sont les chiffres de la police!

Samedi 21 avril à 18h nous étions rassemblé*es pour partir en balade craie-active entre Jean-Jaurès et Compans Caffarelli. Au programme, barbouillage de panneaux au blanc de Meudon pour dénoncer l’invasion de l’espace public par la publicité.

L’atelier a commencé avec la confection de la tambouille au blanc de Meudon qui est une poudre de craie utilisée pour occulter les vitres ou les nettoyer ;). C’est un produit non dégradant qui s’enlève facilement à l’eau. On a donc passé un petit moment à faire notre cuisine pour avoir une consistance assez onctueuse, genre béchamel, miam!

Nous nous sommes ensuite divisé*es en 4 groupes pour couvrir les deux côtés des boulevards. Nous avons recouvert les panneaux d’abribus ou de sucettes du blanc en laissant libre cours à notre craieativité (cf les images!) et en collant quelques affiches anti pub.

La police municipale très impressionnée par ces œuvres ephémères a voulu savoir quel*les artistes se cachaient derrière ces craieations. Première rencontre un peu avant Compans. Après un appel à la police nationale au vu de la qualité artistique et un appel à la préfecture pour vérifier la déclaration des droits d’auteur, nous avons pu repartir embellir la ville. Mais le succès étant exponentiel, des CRS venus de Paris ont également voulu nous rencontrer quelques dizaines de mètres plus loin ! Un peu plus insistants, ils ont souhaité quelques autographes et même repartir avec quelques grammes de cette précieuse poudre (les copieurs !). Après avoir dénombré officiellement 76 œuvres, ils nous ont laissé*es repartir.

Cette action a pour but de dénoncer la colonisation par la publicité d’un espace qui nous appartient à toutes et tous, où chacun*e a le droit de se sentir respecté*e. L’agression et le matraquage publicitaire sont à l’opposé de cette idée de respect.

Vive la tambouille !

On vous laisse découvrir l’action en images !

 

Le 25 mars, exposition sauvage à St Cyprien!

                

Ce 25 mars*, partout dans le monde, c’est la journée mondiale de lutte contre la publicité! De Buenos Aires à Melbourne, des personnes se réapproprient l’espace public accaparé par l’affichage commercial.

A Toulouse, une exposition sauvage aura lieu ce dimanche 25 mars à la place des publicités qui pullulent sur les abris voyageurs, sucettes et bornes de vélos en libre service. Rendez-vous au métro St Cyprien à 14h!

Plus d’information sur la journée du 25 mars ici: subvertisers-international

* date d’anniversaire d’un procès gagné par des Déboulonneurs ayant agit en désobéissance civile contre la publicité, en 2013.

41ème action de recouvrement des panneaux de pub: Dimanche 14 janvier

Nombre de personnes : 12 personnes environ (nombre de participants fluctuant)
Nombre de panneaux recouverts : 44 panneaux

La température au décollage avoisinait les 5°C. Quelques turbulences au départ, avec la venue de la police municipale avertie par vidéosurveillance. Suit la venue des RT (Renseignements Territoriaux, précédemment RG puis SGEG), mais tout se calme rapidement et l’avion reprend un vol stationnaire.

Le nuage publicitaire était particulièrement dense et a provoqué un retard du vol d’au moins 1 heure.
Une quarantaine de panneaux ont été soufflés par notre passage. Ou tout au moins camouflés par une pluie de papier kraft tous plus inspirés les uns que les autres.

Après un départ réel du vol à 10h30, l’arrivée a finalement eu lieu sur les coups de 13h. Le voyage s’est déroulé sans plus de problème…

Et une bonne année 2018 sans pub !

 

Action sur les panneaux illégaux: Acte 1, 16 décembre 2017

Samedi 16 décembre 2017 nous avons enrubanné plusieurs panneaux aux abords des berges du Canal du Midi.
Ceux ci sont illégaux depuis 2 ans et demi, et malgré nos courriers à la mairie, ils sont toujours là (il y en a même des nouveaux).
En 2011 a été voté par la mairie de Toulouse un Règlement Local de Publicité, qui étrangement n’entrait en application qu’à l’été 2015.
Celui ci protégeait notamment les berges des canaux de Toulouse: pas de pub à moins de 30m, seules les publicités sur le mobilier urbain relatif au transport (arrêts de bus et station vélo) autorisées entre 30 et 100m des berges.

On s’est donc retrouvé ce samedi. Une vingtaine de personnes munies de rubans opaques, de pinceaux, de peinture et de blanc de Meudon ont recouvert 12 panneaux illégaux entre le pont des Demoiselles et le port Saint Sauveur.
Certains panneaux ont été enrubannés de plastique noir, d’autres ont été simplement recouverts de blanc de Meudon, puis nous les avons décorés avec la mention «Panneau illégal» et l’article du Règlement Local de Publicité qu’ils bafouent.
La police est bien intervenue, plus réactive à intervenir pour des barbouillages sur panneaux illégaux, que sur les panneaux illégaux eux même. Elle a enlevé le plastique de 4 panneaux, qui furent mystérieusement retrouvés barbouillés un peu plus tard dans l’après midi. Étrange affaire…

Cette action avait pour but de dénoncer l’inaction de la mairie et l’impunité des afficheurs publicitaires qui sont toujours réactifs pour poursuivre en justice ceux qui ont le malheur de toucher à leur panneaux mais qui ne sont jamais pressés quand il s’agit pour eux de respecter les lois.
Nous avons eu la présence de la presse (La Dépêche du Midi), et 2 articles ont été publiés hier, sur les panneaux illégaux d’abord, sur notre action ensuite.

On lâche rien!

40ème action de recouvrement des panneaux de pub: Dimanche 19 novembre

Malgré le froid et l’heure matinale, une douzaine de personnes se sont réapproprié l’espace public lors de ce 40ème recouvrement!
Pochoirs, citations, dessins ont fleuri le long du boulevard, cachant ces publicités qui ne sont ni légitimes (privatisation de l’espace public), ni gratuites (les coûts des campagnes de pub sont répercutés sur le prix de vente) et qui sont bien trop souvent illégales car elles ne respectent le Règlement Local de Publicité !

Jour de la nuit 2017 à Toulouse: Bilan

A l’occasion du jour de la nuit 2017, une quinzaine de personnes se sont baladées perches en main dans l’hypercentre toulousain en éteignant presque 100 enseignes allumées en dépit de l’heure tardive.

A chaque extinction, RAP Toulouse a apposé un tract sur la vitrine du commerce touché pour prévenir que depuis 2011, les enseignes et vitrines doivent être éteintes 1h après l’arrêt de toute activité, à 1h du matin au plus tard et jusqu’à 5h.

Cette loi d’extinction, si elle est appliquée

  • fait économiser à l’année l’équivalent de la consommation de 750.000 ménages
  • protège la biodiversité nocturne (papillons nocturnes, chauve-souris…)
  • améliore les conditions de vie (troubles du sommeil)
  • rallume les étoiles (un tiers de la population mondiale ne voit plus la Voie Lace)

Action de recouvrement de panneaux de pub dimanche 22 octobre

Reprise des recouvrements du RAP dimanche dernier dans le centre de Toulouse.

Une quarantaine de panneaux recouverts le matin entre Jean Jaurès et Compans Caffareli dans une ambiance festive et animée par le passage des coureurs du marathon durant toute la durée du recouvrement. Quelques clins d’œil à nos amis coureurs, de l’obstruction de publicité, parfois en dénonçant ce matraquage incessant, et parfois en affichant de la poésie à la place des pubs. Quand bien même il serait indispensable d’apporter en permanence une occupation à nos pauvres cerveaux de peur qu’il ne se mettent à penser par eux même, la publicité ne serait peut être pas la seule forme d’occupation possible… Mais des espaces libres pour laisser les esprits vagabonder à leur gré ne seraient peut être pas si mal non plus. 🙂

Salut tout le monde, et à bientôt dans les rues de Toulouse!

 

 

 

Le Jour de la Nuit 2017

Le Jour de la Nuit est une opération de sensibilisation à la pollution lumineuse, à la protection de la biodiversité nocturne, du ciel étoilé, et au gaspillage énergétique.

Au programme : balades nocturnes, observations des étoiles, sorties nature et action d’extinction d’enseignes !

Depuis 2012, un décret prévoit l’extinction des publicités lumineuses entre 1h et 6h du matin. Seulement ce décret n’est que très rarement respecté et il concerne seulement les enseignes lumineuses, pas le mobilier urbain éclairé (abri-voyageur, sucettes).

Prévoyez vos perches ! (parapluie, canne + cintre scotché au bout !)

Rendez-vous à 20h devant le métro J. Jaurès.

Participation à la 2ème édition d’Alternatiba Toulouse, les 23 et 24 septembre 2017 à la Prairie des filtres.

L’édition de 2015 avait réuni 250 associations et 35 000 visiteurs sur 2 jours, autour de thématiques aussi diverses que l’énergie, l’agriculture, l’alimentation, l’éducation, les transports, l’économie, etc…

Nous serons présents dans le village “Pouvoir d’agir, démocratie & Citoyenneté”. Ce sera l’occasion de venir nous rencontrer pour les nouveaux, de nous revoir pour les autres, d’aiguiser nos argumentaires anti-publicitaires et surtout d’informer sur les futures mobilisations de Résistance à l’Agression Publicitaire et de l’importance de cette lutte transverse en ces temps politiques agités.

On espère vous y voir nombreux 🙂

https://alternatiba.eu/toulouse/

PS : Si vous avez envie de donner un coup de main, il manque encore des bénévoles pour cette édition d’Alternatiba 2017.

25 mars 2017 : Exposition sauvage

Dans le cadre de la journée internationale de lutte contre la publicité s’est tenue à Toulouse ce samedi 25 mars, dans le quartier Empalot, une exposition sauvage en résistance à l’agression publicitaire.

Pourquoi le 25 mars ? Parce que c’est la date d’une décision de justice qui confirme la légitimité de notre lutte commune. C’est le 25 mars que, dans un État de droit, un juge a relaxé des activistes – lanceurs d’alerte ayant agit en désobéissance civile contre la publicité. Poursuivis en justice pour avoir écrit symboliquement et publiquement à la bombe de peinture sur des panneaux publicitaires, ces militants furent relaxés au nom de la « liberté d’expression » et de l’ « état de nécessité » face à l’oppression publicitaire. Cette jurisprudence historique a eu lieu en 2013 en France. Elle doit dorénavant s’étendre dans d’autres pays du monde.

Le soleil nous a fait honneur de sa présence en ce bel après-midi pour inaugurer cette exposition un peu particulière. Une quinzaine d’artiste ce sont emparés des panneaux publicitaires de ce quartier pour leur donner vie, les transformer, et ainsi ajouter un petit peu de couleur dans l’espace public.

Dessins, peintures, détournements de publicité, textes, pochoirs lumineux, murs d’expression libre et ouverts à tout.e.s, photographies, bibliothèque libre, et même un stand de tir ! Ce ne sont pas moins de 15 panneaux qui ont trouvé de nouveaux sens à leur existence. Sens sûrement moins nocifs pour les habitants de ce quartier que ce à quoi les panneaux étaient destinés au départ.

Si demain devait être sans publicité, peut-être que c’est à cela que ressembleraient nos villes : des galeries d’art à ciel ouvert où culture et rires d’enfants nous guideraient dans la cité.

Verdict du procès du 17 juin 2016

Johan, poursuivi pour avoir enlevé 15 affiches publicitaires de panneaux JCDecaux sur l’espace public, était convoqué aujourd’hui mardi 28 juin pour recevoir le délibéré du procès du 31 mai dernier. Il avait agi dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre la publicité du 25 mars, date anniversaire d’un  procès gagné par le collectif des déboulonneurs. En 2013, ils avaient été relaxés après avoir barbouillé des panneaux publicitaires, la juge reconnaissant l’état de nécessité. La justice avait reconnu les effets néfastes de la publicité sur la population, générant du stress, de la frustration et du mal-être. Elle avait également reconnu que les personnes poursuivies n’avaient pas d’autres possibilités pour s’en protéger. Nous avons revendiqué le même état de nécessité pour ce procès, le système publicitaire étant le même à Toulouse qu’à Paris.

Johan a lui été condamné à 400€ d’amende et à verser 1100€ à JCDecaux aux titres de dommages et intérêts et remboursement de frais d’avocat.

Ci-dessous, un extrait du verdict :

Attendu que l’article 122-7 du Code pénal dispose : « N’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace. »;

Que la caractérisation d’un état de nécessité suppose la démonstration de l’existence d’un danger actuel ou imminent et d’un acte non disproportionné nécessaire pour la sauvegarde d’une personne ou d’un bien ;

Que si les articles de presse versés aux débats, et notamment l’article publié le 26 juin 2012 dans le journal Le Monde par plusieurs chercheurs en sciences cognitives et sociales, mettant en exergue le danger intrinsèque aux images publicitaires et à leur action de conditionnement sur le cerveau humain, permettent de caractériser l’existence d’un potentiel danger dans la multiplication des affiches publicitaires, d’autres actions de nature légale permettent de dénoncer ce danger et d’empêcher l’atteinte aux personnes, ainsi de la couverture des affiches de publicité par des bâches, le prévenu précisant par ailleurs à l’audience avoir déjà participé à des actions de ce type avec son collectif.

Que dès lors la commission de l’infraction n’apparaît pas proportionnée au danger relevé notamment en ce qu’elle ne constitue pas le seul moyen de sauvegarder les citoyens de la surpublicité ;

La Cour ne considère donc pas que Johan ait agi en dernier recours. Par cette décision, elle ignore les éléments qui lui ont été présentés lors de l’audience, à savoir que :

– les afficheurs, tels que JCDecaux, n’ont jamais respecté la loi en vigueur en matière d’affichage (à Toulouse par exemple, des dizaines de panneaux illégaux ont été recensés, mais la mairie informée ne fait rien et ne répond pas à nos demandes).

– ladite loi n’est de toute manière pas appliquée. Les instances chargées de contrôler les publicités illégales ne réagissent que sous la pression des tribunaux.

– c’est parfois ces mêmes instances de contrôle qui enfreignent la loi.

Le décision prête d’autant plus à sourire que, la veille du procès, une action de recouvrement (considérée donc par la cour d’ « action de nature légale ») avait été interrompue par une équipe de gros bras de la BAC (brigade anti-criminalité) téléguidée par la mairie.

La lutte continue pour que la justice reconnaisse de manière systématique le droit de se protéger de la publicité, ou que la loi change pour protéger les citoyens.

Compte-rendu d’action – samedi 22 octobre

Samedi matin, un petit groupe (cinq personnes) s’est réuni pour faire une action dans quelques stations du métro et à la gare.
L’objectif était d’apposer des messages (soit petit format, avec quelques explications, soit un peu plus grand et lisible de plus loin… mais pas de recouvrement complet pour cette fois).

Voir le résultat en photos ici : https://framasphere.org/posts/2340301

Concert de soutien le 17 juin 2016

A la suite du procès d’un militant anti-pub le 31 mai et en vue de la délibération le 28 juin prochain, le groupe RAP-Toulouse organise une soirée de concerts de soutien vendredi 17 juin à l’espace Allegria.

afficheConcertSoutien

La soirée est l’occasion de lever des fonds en vue de payer les frais d’avocats et l’éventuelle amende, de s’informer sur les conséquences désastreuses de la publicité dans l’espace public et de passer une bonne soirée accessible à tous !

Pour rappel :
Le 25 mars 2016, un militant antipub toulousain a été interpellé pour avoir retiré 15 affiches à caractère commerciale de leur support JCDecaux.

Conduit au poste, il a été auditionné dans la soirée où il a reconnu les faits et défendu la caractère citoyen de sa démarche, ainsi que sa position sur l’aspect envahissant et intrusif des panneaux publicitaire présents dans l’espace public.
Ce jour là, comme d’autres, il a agi dans le cadre de la journée internationale de lutte contre la publicité. Cette journée de mobilisation a été suivie dans plus de 7 pays dans lesquels une trentaine d’actions ont été réalisées. Poursuivant sa démarche de désobéissance civile en refusant la tentative médiation (une peine de 700€), son procès a eu lieu le mardi 31 mai au tribunal d’Instance de Toulouse. Le procureur a suggéré 1000€ d’amende contre lui.

PROGRAMME :
Ouverture des portes : 19h / Début : 20h

Agathe Da Rama duo / blues trip-hop
https://www.facebook.com/agathedarama/?pnref=lhc
http://soundcloud.com/agathedarama
https://www.facebook.com/agathedarama/videos/1080284635369065/

Slift / monolithic rock
https://www.facebook.com/sliftrock
https://slift.bandcamp.com/
https://www.youtube.com/watch?v=x8NgcGHkrd4

Cerna / rap conscient de ses limites
https://www.facebook.com/cernamusic/
https://cerna.bandcamp.com/
https://www.youtube.com/watch?v=-y2iau2o7Bw

Black Mir Selekta (Black Mirror / Singe Des Rues) / DJ set hip-hop funk soul
http://blackmir.blogspot.fr/

Espace Allegria / 110 Rue Achille Viadieu / Métro Palais de Justice
Entrée et repas : participation libre !
Bière : 2€

 

Compte rendu du procès de Johan

31 mai 2016 au Tribunal d’Instance de Toulouse

31maiTribunal

Une vingtaine de personne étaient présentes devant le tribunal d’instance de Toulouse ce mardi 31 mai à 14h pour soutenir Johan. Tout le monde à été autorisé à rentrer. L’entreprise JCDecaux a décidé de se constituer partie civile et a donc envoyé son avocat, spécialement descendu de Paris.

Rappel des faits : Le 25 mars 2016, à Toulouse, Johan avait été interpellé Pont des Catalans alors qu’il était en train de retirer une affiche publicitaire d’un panneau d’affichage. Une fois au commissariat, il reconnaît et revendique avoir retiré 15 affiches de leur support JCDecaux. Il refusera, lors d’une convocation ultérieure, la proposition de médiation proposée par le procureur, soit une peine de 700 €.

Lors de ce procès, le juge rappelle les faits et demande à Johan de s’expliquer.

Ce dernier reconnaît les faits puis explique qu’il n’est pas contre la publicité mais contre la sur-publicité. Il explique que les affiches en question sont imposées au public et que ce dernier n’a donc pas la possibilité d’y échapper. Il ajoute que l’on devrait avoir un droit de (non) réception, quant à la consultation des informations commerciales.
Il raconte également comment les publicitaires utilisent à présent les appareils d’imageries médicales et les progrès en neurosciences afin que leurs publicités agissent directement sur les émotions et échappent à la rationalité.
Il précise avoir agi de manière non violente, sans avoir dégradé les supports, sans avoir touché aux affiches de communication municipales et culturelles. Enfin, il ajoute ne rien avoir à gagner lors de ce procès alors que JCDecaux tire des revenus de ses panneaux illégaux.

C’est au tour de l’avocat de JCDecaux de prendre la parole.

Il explique que ce phénomène typiquement français est alimenté par une certaine banalisation entraînant un sentiment d’impunité chez ces auteurs. D’où la multiplication de ce type d’acte. Il demande une réponse adaptée et pédagogique, de la part du juge, pour casser ce phénomène. Il déclare que l’impact matériel de ce genre d’action s’éleva à plus de 150 000 € entre 2005 et 2006.
Il raconte la fatigue des salariés de JCDecaux en charge de ces panneaux, qu’ils sont confrontés au mythe de Sysiphe : ils ont l’obligation, chaque jour, de refaire le travail exécuté la veille.
L’avocat explique que la petite entreprise familiale maintenant devenue multinationale, dont le fondateur est décédé 4 jours avant le procès, a porté le renom de la France à l’étranger. Les salariés sont fiers de travailler dans cette entreprise et vivent mal le fait qu’elle soit entravée par des actes de vandalisme. Ils ont le sentiment que leur dignité de travailleur n’est pas respectée.
Il rappelle que les panneaux publicitaires proposent de la publicité, mais que de l’autre, il y a de l’information municipale. De ce fait, ils participent d’une utilité publique, ainsi que les abribus et les Vélibs. Il rappelle également que la collectivité publique perçoit des redevances pour ces panneaux. Redevances qui sont utilisées dans l’intérêt général.
Il informe la cour que le motif de l’ « état de nécéssité » a été tenté par un de ces confrères, lors d’un procès similaire, qu’il a fonctionné en première instance (déboulonneur, Paris, 25 mars 2013) mais pas en seconde et produit l’arrêt de la cour d’appel cassant la relaxe alors obtenue. La cour d’appel n’avait alors pas trouvé d’élément d’une preuve d’une situation de dangers certains.
Enfin, il explique que l’accusé avait d’autres moyens de s’exprimer, notamment par des voix licites. Puis, s’adressant directement à lui : « Faites de la politique, rentrez au conseil municipal de la ville de Toulouse et remettez en cause les marchés publics passés avec Decaux. »

La procureur ajoutera que l’accusé n’était pas obligé de regarder ces panneaux, qu’il pouvait en détourner son regard.

Maître Francos, avocat de Johan, rappelle que JCDecaux est une entreprise qui réalise des milliards de CA en utilisant l’espace public à des fins lucratives.

Il explique ensuite à la cour que l’état a été condamné à plusieurs reprises du fait de maires et préfets refusants de faire appliquer la réglementation concernant l’affichage publicitaire. Il prend pour exemple le département de l’Aude, dont le préfet a été condamné 53 fois. Ce qui devrait entraîner des condamnations dont l’estimation est portée à un montant de 4 116 000 € au détriment de la collectivité, puisque la dette implicite qui est contracté par la société JCDecaux en perpétuant l’affichage illégal n’est jamais réglée. En comparaison,  les 122 213 € de préjudices subis par JCDecaux pour 2015 prêtent à sourire. Il cite cette phrase, issue d’une fable de La Fontaine : « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Il explique que l’on en est aujourd’hui à cette situation où selon que l’on soit puissant ou misérable, on sera traduit ou non devant les tribunaux. C’est-à-dire que l’on en est à ce point d’influence des sociétés du type de JCDecaux que ceux qui sont traduits devant la justice ne sont pas ceux qui commettent les infractions initiales, mais ceux qui dans un mouvement non-violent de dénonciation publique d’un phénomène qui est extrêmement problématique se retrouvent devant vous.
Il rappelle que début 2016, les salariés de JCDecaux se sont mis en grève pour des hausses de salaires et pour l’arrêt de la géolocalisation de leur véhicule. C’est une société comme une autre qui est là pour faire du profit, et qui utilise comme toutes les autres tous les outils dont elle dispose, à commencer par le fait de malmener ses salariés les contraignant à des mouvements de grève, et par la suite à des activités illégales sur le domaine public.

L’avocat rappelle l’inaction du pouvoir politique face à des comportements qui leur sont signalés comme étant illégaux. Il explique que le journal La Dépêche a publié un article le jour même concernant l’affichage illégal de 8 bâches « Euro 2016 » sur la mairie du Capitole, avec la bienveillance complice de la mairie de Toulouse. La déclaration du maire aux procédures engagées pour les faire retirer étant : « je n’ai aucune intention de changer quoi que ce soit à l’action que j’ai entreprise qui valorise la ville, qui apporte une image positive sur la capitale de la Haute-Garonne, et je ne bougerai pas d’un iota ». Il explique également que des courriers ont été envoyés courant 2015 à la mairie de Toulouse pour signaler 33 panneaux dans la plus parfaite irrégularité. Ces courriers sont restés sans réponse de la part des autorités qui sont précisément supposées surveiller, encadrer et le cas échéant mettre en demeure les sociétés qui affichent des publicités afin d’éviter que les règles sur ce point soient transgressées.

Il rappelle que de plus en plus d’études démontrent les faits extrêmement nocifs de la publicité sur le cerveau humain et sur les comportements de manière générale.

Au sujet de l’état de nécessité et la désobéissance civile, maître Francos cite de nombreux combats dans lesquels les gens ont désobéi à la loi, ont répété des désobéissances à la loi, sans violence, pour lesquelles il a fallu du temps avant que les tribunaux acceptent d’entendre le message qui était porté. Il rappelle que des personnes, pendant des années, ont pratiqué l’IVG en toute illégalité et qui étaient poursuivies, procès après procès, avant que l’on n’arrive à dire que l’IVG était un droit pour les femmes et que la loi évolue en ce sens.

Benjamin Francos demande la relaxe de Johan au nom de l’état de nécessité, suivant le délibéré de la cour correctionnelle de Paris pour le collectif des déboulonneurs en mars 2013. L’avocat de JCDecaux a alors objecté que cette affaire était en appel, ce qui est faux puisque le procureur n’a pas fait appel et que cette décision fait l’objet d’une jurisprudence.

La procureur, quant à elle, plaide pour dégradation de biens d’autrui et relève que l’élément intentionnel est reconnu par le prévenu. Elle demande 1 000 € d’amende et 605 € pour les dommages causés.

La juge a annoncé qu’elle rendra le délibéré le 28 juin 2016 à 14h00.

Johan a été l’invité de France Bleu à ce sujet.

Dimanche 12 juin / compte rendu d’action

Ce dimanche matin nous étions une douzaine pour une action de recouvrement entre Jean-Jaurès et Compans-Cafarelli. Nous avons recouvert une cinquantaine de panneaux publicitaires avec du papier kraft et des slogans tout droit sortis de notre imagination dé-colonisée par la pub!

Nous avons eu le plaisir d’échanger avec des passants à propos de la lutte contre l’invasion publicitaire. Deux de ces rencontres ont été particulièrement prolifique : une personne s’est investie elle-même dans l’écriture de slogans anti-pub, l’autre nous a signalé l’existence de son association féministe très sensible au sexisme régnant dans la publicité.

L’action s’est terminée après 3h de recouvrement efficace et convivial.

Revue de presse et rappel pour mardi 31 mai

Demain, mardi 31 mai, nous nous réunirons pour un pique-nique militant, avant de partir en convoi piéton vers le tribunal d’instance (38 avenue Camille Pujol) où Johan sera jugé pour avoir retiré 15 affiches de leur support, le 25 mars.

Tout le monde est bienvenu, le rendez-vous est fixé à 12h à la Halle aux Grains (place Dupuy).

Revue de presse :