48ème action de recouvrement : dimanche 1er mars

Dimanche 1er mars, comme maintenant chaque premier dimanche du mois, le rdv était donné au métro Jean Jaurès pour une opération de recouvrement des boulevards. Nous étions 12 ce qui a donné une équipe de 4, une équipe de 5 et 3 personnes navigantes. Les panneaux nous ont fourni l’occasion de beaux détournements, on s’est bien amusé. Les giboulées de mars nous ont offert de longs moments de réflexion sous les abribus. Prochain rdv le 5 avril !

 

 

47ème action de recouvrement : dimanche 10 novembre

Dimanche 10 novembre nous nous sommes retrouvé.e.s comme convenu à Jean Jaures pour une opération de recouvrement avec les créations d’un atelier de détournement d’affiches qui avait eu lieu la veille. Cet atelier avait pour thème la nouvelle prison de Muret qui va être construite, les affiches portent donc des slogans anti-carcéraux en plus des habituels messages anti-pub.

 

46ème action de recouvrement : dimanche 20 octobre

Dimanche 20 octobre nous nous sommes retrouvé.e.s comme convenu à Jean Jaures pour une opération recouvrement standard (c’est à dire spontanéité et adaptation, nous n’avions pas d’affiches pré-détournées). Nous étions trois pile de quoi constituer une équipe efficace.
 
Nous avons passé un bon moment de rigolades et de tempêtes de cerveaux et aussi échangé avec des passants venus à notre rencontre. Tous et toutes soutenaient l’action, l’un d’eux s’est d’ailleurs inscrit à la liste de membres. Cerise sur le gâteau, les forces de l’ « ordre » nous ont superbement ignorés.
 

Le Jour de la Nuit 2019

A l’occasion du jour de la nuit 2019, le 12 octobre plusieurs personnes se sont promenées dans les rues de Toulouse pour éteindre les enseignes lumineuses.

A chaque extinction, RAP Toulouse a apposé un tract sur la vitrine du commerce touché pour prévenir que depuis 2011, les enseignes et vitrines doivent être éteintes 1h après l’arrêt de toute activité, à 1h du matin au plus tard et jusqu’à 5h.

Voici quelques photos pour illustrer la différence !

Bâchage des panneaux illégaux du Canal 27/10/2018

Samedi 27 octobre, 14h, non loin du Pont des Demoiselles…

Il fait froid et le matin laisse tout juste place aux premières heures de l’après-midi. La pluie crainte un temps semble avoir renoncé à troubler nos activités du jour. Au menu, nous avons prévu de passer à la bombe les panneaux au préalable plastiqués. Oui, je vous vois venir à nous traiter illico de terroristes, qu’on ne peut pas tout casser même si on a de bonnes raisons d’être en colère, et caetera… D’une part, la pub elle-même contribue à casser tout ce qui crée du lien social dans notre société, l’idée de collectif (de société), d’altruisme, de générosité… etc. D’autre part, les bombes sont de peinture et le plastique, en rouleau noir.

6 nous étions donc ce samedi, accompagné de 2 journalistes de FR3 venu faire un petit film de nos exploits. Nous partîmes donc à l’attaque de nos moulins à pub, bien décidés à en venir à bout et à les mettre à terre! Ceci n’ont en effet rien à faire le long des berges du Canal du Midi, le bourgmestre de la ville et son conseil en ayant ainsi décidé il y a de cela sept années (Règlement Local de Publicité de Toulouse). Malgré nos maintes réclamations à l’autorité du bourg de Toulouse pour que celui-ci soit appliqué, il n’en fut rien, et l’autorité en question ne sembla ni s’en émouvoir ni s’en occuper.

Depuis, une plainte a été portée auprès du shérif!! Eh oui. Cela a semblé réveiller un peu notre bourgmestre qui déclare par son conseil que les choses rentreront bientôt dans l’ordre et que lui-même et son équipe y veillent. Pffff… Dur d’y porter foi alors qu’ils contestent le nombre de panneaux illégaux concernés par la plainte comptés par nous au nombre de 30 à 5 ou 6.

Nous avons couvert une quinzaine de panneaux (recto-verso) sur 2 heures de froid environ, avec une petite visite de la police locale (municipale) au démarrage, qui s’est contentée d’un contrôle poli avant de repartir. Nos amis de FR3 sont restés le temps de filmer quelques plastiquages/bombages, et d’échanger palabre avec nous. Tout s’est bien passé par la suite, et nous rentrâmes à 6 les mains froides et le coeur réchauffé par tous ces panneaux occultés!

Voilà pour le moment, les journalistes ont continué l’action par quelques articles/reportages pour diffuser notre message plus largement:

Reportage FR3

https://www.ladepeche.fr/article/2018/11/03/2899850-panneaux-publicitaires-illegaux-le-bras-de-fer.html

https://www.ladepeche.fr/article/2018/10/28/2896691-toulouse-operation-coup-poing-rap-panneaux-publicitaires-canal-midi.html

Quelques photos et tchao!

Participation au Village des Alternatives, le 23 septembre 2018 à Ramonville.

 

RAP Toulouse sera présent dimanche toute la journée au Ramon’Village organisé par Alternatiba Toulouse.

Cette 3è édition du village des alternatives se tiendra cette fois-ci à Ramonville dimanche 23 septembre, jour de la Fête des Possibles, peu avant le passage des cyclistes du Tour Alternatiba à Toulouse le jeudi 27 septembre. Plus d’info ici.

On pourra se rencontrer, parler de nos envies, des prochaines actions prévues sur Toulouse et en France, des suites de l’affaire des panneaux illégaux le long du canal de Midi… Un atelier est même prévu dans l’après-midi.

On espère vous y voir nombreux.ses!

44ème action de recouvrement: Samedi 23 juin

Le recouvrement de mai (43ème de ce nom) ayant été empêché par la police nationale, nous voilà de retour en juin pour une action de barbouillage au blanc de Meudon, action déclarée une semaine plus tôt en préfecture pour être sûr de ne pas être interrompu.e.s. Rendez vous donné à 18h place Wilson cette fois ci, histoire de ne pas attirer automatiquement l’attention des policiers circulant place Jean Jaurès. Nous sommes 5.
 
Nous attaquons le barbouillage à 18h30 après avoir préparé notre tambouille, le seau de peinture pèse une tonne !
 
Pas de problème sur le début de l’action, les panneaux sont barbouillés au pinceau ou directement avec les mains (c’est rigolo !), et une feuille A4 avec un petit message/dessin est scotchée sur les vitres. Après quelques panneaux ensemble, nous nous séparons en deux groupes pour plus d’efficacité.
 
Les réactions des personnes rencontrées sont positives, que ce soient des petits signes, un sourire, ou des discussions qui se lancent.
 
Des employés de Tisséo nous interpellent (un groupe puis l’autre), et nous continuons avant d’être à nouveau interpellé.e.s par la police municipale à Compans Caffarelli. Contrôles d’identité en bonne entente jusqu’à ce qu’un de nous refuse de donner son adresse. A partir de là, c’est un numéro théâtral de nos amis policiers qui ne veulent plus nous parler et appellent la police nationale. On essaie les uns et les autres de leur parler, chacun.e avec nos mots, mais sans succès pour un temps. Finalement, peut être à cause de l’ennui, ils finissent par relancer la discussion qui se finit en bonne entente.
 
Entre temps, les agents de Tisséo nous ont donné 4 contraventions de 60€ (une des personnes était partie avant), que nous refusons de signer. Et que nous refuserons de payer, les panneaux étant la propriété de JCDecaux et non de Tisséo.
 
Nous verrons ce que donnera cette histoire, mais elle pose la question de la propriété des panneaux, et de la dualité espace public/espace privé pour le mobilier urbain.
 
Pas de police nationale finalement, l’adresse ayant été donnée au bout d’un moment.
 
L’action s’est passée dans la bonne humeur, on attend la prochaine !

Balade craie-active

42ème action de recouvrement: Samedi 21 avril 2018

Nombre de personnes : 18
Nombre de panneaux recouverts : 76, ce sont les chiffres de la police!

Samedi 21 avril à 18h nous étions rassemblé*es pour partir en balade craie-active entre Jean-Jaurès et Compans Caffarelli. Au programme, barbouillage de panneaux au blanc de Meudon pour dénoncer l’invasion de l’espace public par la publicité.

L’atelier a commencé avec la confection de la tambouille au blanc de Meudon qui est une poudre de craie utilisée pour occulter les vitres ou les nettoyer ;). C’est un produit non dégradant qui s’enlève facilement à l’eau. On a donc passé un petit moment à faire notre cuisine pour avoir une consistance assez onctueuse, genre béchamel, miam!

Nous nous sommes ensuite divisé*es en 4 groupes pour couvrir les deux côtés des boulevards. Nous avons recouvert les panneaux d’abribus ou de sucettes du blanc en laissant libre cours à notre craieativité (cf les images!) et en collant quelques affiches anti pub.

La police municipale très impressionnée par ces œuvres ephémères a voulu savoir quel*les artistes se cachaient derrière ces craieations. Première rencontre un peu avant Compans. Après un appel à la police nationale au vu de la qualité artistique et un appel à la préfecture pour vérifier la déclaration des droits d’auteur, nous avons pu repartir embellir la ville. Mais le succès étant exponentiel, des CRS venus de Paris ont également voulu nous rencontrer quelques dizaines de mètres plus loin ! Un peu plus insistants, ils ont souhaité quelques autographes et même repartir avec quelques grammes de cette précieuse poudre (les copieurs !). Après avoir dénombré officiellement 76 œuvres, ils nous ont laissé*es repartir.

Cette action a pour but de dénoncer la colonisation par la publicité d’un espace qui nous appartient à toutes et tous, où chacun*e a le droit de se sentir respecté*e. L’agression et le matraquage publicitaire sont à l’opposé de cette idée de respect.

Vive la tambouille !

On vous laisse découvrir l’action en images !

 

Le 25 mars, exposition sauvage à St Cyprien!

                

Ce 25 mars*, partout dans le monde, c’est la journée mondiale de lutte contre la publicité! De Buenos Aires à Melbourne, des personnes se réapproprient l’espace public accaparé par l’affichage commercial.

A Toulouse, une exposition sauvage aura lieu ce dimanche 25 mars à la place des publicités qui pullulent sur les abris voyageurs, sucettes et bornes de vélos en libre service. Rendez-vous au métro St Cyprien à 14h!

Plus d’information sur la journée du 25 mars ici: subvertisers-international

* date d’anniversaire d’un procès gagné par des Déboulonneurs ayant agit en désobéissance civile contre la publicité, en 2013.

41ème action de recouvrement des panneaux de pub: Dimanche 14 janvier

Nombre de personnes : 12 personnes environ (nombre de participants fluctuant)
Nombre de panneaux recouverts : 44 panneaux

La température au décollage avoisinait les 5°C. Quelques turbulences au départ, avec la venue de la police municipale avertie par vidéosurveillance. Suit la venue des RT (Renseignements Territoriaux, précédemment RG puis SGEG), mais tout se calme rapidement et l’avion reprend un vol stationnaire.

Le nuage publicitaire était particulièrement dense et a provoqué un retard du vol d’au moins 1 heure.
Une quarantaine de panneaux ont été soufflés par notre passage. Ou tout au moins camouflés par une pluie de papier kraft tous plus inspirés les uns que les autres.

Après un départ réel du vol à 10h30, l’arrivée a finalement eu lieu sur les coups de 13h. Le voyage s’est déroulé sans plus de problème…

Et une bonne année 2018 sans pub !

 

Action sur les panneaux illégaux: Acte 1, 16 décembre 2017

Samedi 16 décembre 2017 nous avons enrubanné plusieurs panneaux aux abords des berges du Canal du Midi.
Ceux ci sont illégaux depuis 2 ans et demi, et malgré nos courriers à la mairie, ils sont toujours là (il y en a même des nouveaux).
En 2011 a été voté par la mairie de Toulouse un Règlement Local de Publicité, qui étrangement n’entrait en application qu’à l’été 2015.
Celui ci protégeait notamment les berges des canaux de Toulouse: pas de pub à moins de 30m, seules les publicités sur le mobilier urbain relatif au transport (arrêts de bus et station vélo) autorisées entre 30 et 100m des berges.

On s’est donc retrouvé ce samedi. Une vingtaine de personnes munies de rubans opaques, de pinceaux, de peinture et de blanc de Meudon ont recouvert 12 panneaux illégaux entre le pont des Demoiselles et le port Saint Sauveur.
Certains panneaux ont été enrubannés de plastique noir, d’autres ont été simplement recouverts de blanc de Meudon, puis nous les avons décorés avec la mention «Panneau illégal» et l’article du Règlement Local de Publicité qu’ils bafouent.
La police est bien intervenue, plus réactive à intervenir pour des barbouillages sur panneaux illégaux, que sur les panneaux illégaux eux même. Elle a enlevé le plastique de 4 panneaux, qui furent mystérieusement retrouvés barbouillés un peu plus tard dans l’après midi. Étrange affaire…

Cette action avait pour but de dénoncer l’inaction de la mairie et l’impunité des afficheurs publicitaires qui sont toujours réactifs pour poursuivre en justice ceux qui ont le malheur de toucher à leur panneaux mais qui ne sont jamais pressés quand il s’agit pour eux de respecter les lois.
Nous avons eu la présence de la presse (La Dépêche du Midi), et 2 articles ont été publiés hier, sur les panneaux illégaux d’abord, sur notre action ensuite.

On lâche rien!

40ème action de recouvrement des panneaux de pub: Dimanche 19 novembre

Malgré le froid et l’heure matinale, une douzaine de personnes se sont réapproprié l’espace public lors de ce 40ème recouvrement!
Pochoirs, citations, dessins ont fleuri le long du boulevard, cachant ces publicités qui ne sont ni légitimes (privatisation de l’espace public), ni gratuites (les coûts des campagnes de pub sont répercutés sur le prix de vente) et qui sont bien trop souvent illégales car elles ne respectent le Règlement Local de Publicité !

Jour de la nuit 2017 à Toulouse: Bilan

A l’occasion du jour de la nuit 2017, une quinzaine de personnes se sont baladées perches en main dans l’hypercentre toulousain en éteignant presque 100 enseignes allumées en dépit de l’heure tardive.

A chaque extinction, RAP Toulouse a apposé un tract sur la vitrine du commerce touché pour prévenir que depuis 2011, les enseignes et vitrines doivent être éteintes 1h après l’arrêt de toute activité, à 1h du matin au plus tard et jusqu’à 5h.

Cette loi d’extinction, si elle est appliquée

  • fait économiser à l’année l’équivalent de la consommation de 750.000 ménages
  • protège la biodiversité nocturne (papillons nocturnes, chauve-souris…)
  • améliore les conditions de vie (troubles du sommeil)
  • rallume les étoiles (un tiers de la population mondiale ne voit plus la Voie Lace)

Action de recouvrement de panneaux de pub dimanche 22 octobre

Reprise des recouvrements du RAP dimanche dernier dans le centre de Toulouse.

Une quarantaine de panneaux recouverts le matin entre Jean Jaurès et Compans Caffareli dans une ambiance festive et animée par le passage des coureurs du marathon durant toute la durée du recouvrement. Quelques clins d’œil à nos amis coureurs, de l’obstruction de publicité, parfois en dénonçant ce matraquage incessant, et parfois en affichant de la poésie à la place des pubs. Quand bien même il serait indispensable d’apporter en permanence une occupation à nos pauvres cerveaux de peur qu’il ne se mettent à penser par eux même, la publicité ne serait peut être pas la seule forme d’occupation possible… Mais des espaces libres pour laisser les esprits vagabonder à leur gré ne seraient peut être pas si mal non plus. 🙂

Salut tout le monde, et à bientôt dans les rues de Toulouse!

 

 

 

Le Jour de la Nuit 2017

Le Jour de la Nuit est une opération de sensibilisation à la pollution lumineuse, à la protection de la biodiversité nocturne, du ciel étoilé, et au gaspillage énergétique.

Au programme : balades nocturnes, observations des étoiles, sorties nature et action d’extinction d’enseignes !

Depuis 2012, un décret prévoit l’extinction des publicités lumineuses entre 1h et 6h du matin. Seulement ce décret n’est que très rarement respecté et il concerne seulement les enseignes lumineuses, pas le mobilier urbain éclairé (abri-voyageur, sucettes).

Prévoyez vos perches ! (parapluie, canne + cintre scotché au bout !)

Rendez-vous à 20h devant le métro J. Jaurès.

Participation à la 2ème édition d’Alternatiba Toulouse, les 23 et 24 septembre 2017 à la Prairie des filtres.

L’édition de 2015 avait réuni 250 associations et 35 000 visiteurs sur 2 jours, autour de thématiques aussi diverses que l’énergie, l’agriculture, l’alimentation, l’éducation, les transports, l’économie, etc…

Nous serons présents dans le village “Pouvoir d’agir, démocratie & Citoyenneté”. Ce sera l’occasion de venir nous rencontrer pour les nouveaux, de nous revoir pour les autres, d’aiguiser nos argumentaires anti-publicitaires et surtout d’informer sur les futures mobilisations de Résistance à l’Agression Publicitaire et de l’importance de cette lutte transverse en ces temps politiques agités.

On espère vous y voir nombreux 🙂

https://alternatiba.eu/toulouse/

PS : Si vous avez envie de donner un coup de main, il manque encore des bénévoles pour cette édition d’Alternatiba 2017.

25 mars 2017 : Exposition sauvage

Dans le cadre de la journée internationale de lutte contre la publicité s’est tenue à Toulouse ce samedi 25 mars, dans le quartier Empalot, une exposition sauvage en résistance à l’agression publicitaire.

Pourquoi le 25 mars ? Parce que c’est la date d’une décision de justice qui confirme la légitimité de notre lutte commune. C’est le 25 mars que, dans un État de droit, un juge a relaxé des activistes – lanceurs d’alerte ayant agit en désobéissance civile contre la publicité. Poursuivis en justice pour avoir écrit symboliquement et publiquement à la bombe de peinture sur des panneaux publicitaires, ces militants furent relaxés au nom de la « liberté d’expression » et de l’ « état de nécessité » face à l’oppression publicitaire. Cette jurisprudence historique a eu lieu en 2013 en France. Elle doit dorénavant s’étendre dans d’autres pays du monde.

Le soleil nous a fait honneur de sa présence en ce bel après-midi pour inaugurer cette exposition un peu particulière. Une quinzaine d’artiste ce sont emparés des panneaux publicitaires de ce quartier pour leur donner vie, les transformer, et ainsi ajouter un petit peu de couleur dans l’espace public.

Dessins, peintures, détournements de publicité, textes, pochoirs lumineux, murs d’expression libre et ouverts à tout.e.s, photographies, bibliothèque libre, et même un stand de tir ! Ce ne sont pas moins de 15 panneaux qui ont trouvé de nouveaux sens à leur existence. Sens sûrement moins nocifs pour les habitants de ce quartier que ce à quoi les panneaux étaient destinés au départ.

Si demain devait être sans publicité, peut-être que c’est à cela que ressembleraient nos villes : des galeries d’art à ciel ouvert où culture et rires d’enfants nous guideraient dans la cité.

Verdict du procès du 17 juin 2016

Johan, poursuivi pour avoir enlevé 15 affiches publicitaires de panneaux JCDecaux sur l’espace public, était convoqué aujourd’hui mardi 28 juin pour recevoir le délibéré du procès du 31 mai dernier. Il avait agi dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre la publicité du 25 mars, date anniversaire d’un  procès gagné par le collectif des déboulonneurs. En 2013, ils avaient été relaxés après avoir barbouillé des panneaux publicitaires, la juge reconnaissant l’état de nécessité. La justice avait reconnu les effets néfastes de la publicité sur la population, générant du stress, de la frustration et du mal-être. Elle avait également reconnu que les personnes poursuivies n’avaient pas d’autres possibilités pour s’en protéger. Nous avons revendiqué le même état de nécessité pour ce procès, le système publicitaire étant le même à Toulouse qu’à Paris.

Johan a lui été condamné à 400€ d’amende et à verser 1100€ à JCDecaux aux titres de dommages et intérêts et remboursement de frais d’avocat.

Ci-dessous, un extrait du verdict :

Attendu que l’article 122-7 du Code pénal dispose : « N’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace. »;

Que la caractérisation d’un état de nécessité suppose la démonstration de l’existence d’un danger actuel ou imminent et d’un acte non disproportionné nécessaire pour la sauvegarde d’une personne ou d’un bien ;

Que si les articles de presse versés aux débats, et notamment l’article publié le 26 juin 2012 dans le journal Le Monde par plusieurs chercheurs en sciences cognitives et sociales, mettant en exergue le danger intrinsèque aux images publicitaires et à leur action de conditionnement sur le cerveau humain, permettent de caractériser l’existence d’un potentiel danger dans la multiplication des affiches publicitaires, d’autres actions de nature légale permettent de dénoncer ce danger et d’empêcher l’atteinte aux personnes, ainsi de la couverture des affiches de publicité par des bâches, le prévenu précisant par ailleurs à l’audience avoir déjà participé à des actions de ce type avec son collectif.

Que dès lors la commission de l’infraction n’apparaît pas proportionnée au danger relevé notamment en ce qu’elle ne constitue pas le seul moyen de sauvegarder les citoyens de la surpublicité ;

La Cour ne considère donc pas que Johan ait agi en dernier recours. Par cette décision, elle ignore les éléments qui lui ont été présentés lors de l’audience, à savoir que :

– les afficheurs, tels que JCDecaux, n’ont jamais respecté la loi en vigueur en matière d’affichage (à Toulouse par exemple, des dizaines de panneaux illégaux ont été recensés, mais la mairie informée ne fait rien et ne répond pas à nos demandes).

– ladite loi n’est de toute manière pas appliquée. Les instances chargées de contrôler les publicités illégales ne réagissent que sous la pression des tribunaux.

– c’est parfois ces mêmes instances de contrôle qui enfreignent la loi.

Le décision prête d’autant plus à sourire que, la veille du procès, une action de recouvrement (considérée donc par la cour d’ « action de nature légale ») avait été interrompue par une équipe de gros bras de la BAC (brigade anti-criminalité) téléguidée par la mairie.

La lutte continue pour que la justice reconnaisse de manière systématique le droit de se protéger de la publicité, ou que la loi change pour protéger les citoyens.